6 choses importantes pour un proche dépressif

Vous n’avez pas à comprendre

Les troubles mentaux sont pratiquement impossible à comprendre tant que l’on est pas personnellement touché. Sans doute entendrez-vous des choses qui vous paraissent absurdes, exagérées ou fausses, mais contredire ou poser un jugement est la pire chose à faire.

Il est souvent très difficile pour les personnes touchés par des maladies psys de partager leurs sentiments. Parce qu’ils ont peur des réactions, que leur état est stigmatisé ou que plus de mal puisse être causé lorsque l’interlocuteur ne se contente pas d’écouter et valider le ressenti.

Vous pouvez toutefois vous renseigner : sur la maladie, les traitements possibles ou même le vécu d’autres personnes touchés pour mieux appréhender la situation.

Vous n’êtes pas médecin

Les troubles psy peuvent être très graves : les troubles les plus sévères peuvent devenir invalidants (perte d’emploi, de vie sociale, dégradation de la santé physique) et même létaux (suicides et autres comportements à risques). Vous n’avez pas les compétences pour prendre en charge ce genre de choses. En réalité, vous n’avez surtout pas à en avoir la responsabilité !

Si vous pensez être médecin, voilà de quoi vous faire douter de vos capacités, disponible ici.

Vous êtes un proche, un repère rassurant. Donc pas de diagnostics ou d’idées de “comment aller mieux” ! La seule responsabilité qui peut être la votre, lorsqu’un proche ne suit aucune thérapie, c’est l’inciter fermement à consulter des professionnels.

Soyez juste rassurants, renseignez-vous sur les médecins psychiatres et les psychologues les plus accessibles pour la personne concernée, prenez rendez-vous en sa présence si elle le souhaite et si nécessaire accompagnez-là jusqu’à la salle d’attente. Allez voir un psychiatre n’est pas plus bizarre que d’aller voir un généraliste, mais sauter le pas est souvent très difficile, notamment à cause des préjugés !

On ne juge pas !

Oui, quelqu’un de dépressif ou anxieux peut “gaspiller” une quantité colossale de temps ou de ressources ou agir de manière visiblement irrationnelle. Si c’est pour dire ou sous-entendre qu’on cherche des excuses, qu’on est simplement fainéant, qu’on aurait pu faire ceci de bien mieux au lieu de cela, qu’il “suffit de se bouger”, “si seulement tu voulais”, “t’exagères vraiment, on dirait que tu cherches de l’attention”, “ouvre les yeux tu verras qu’en fait y’a pas de raisons”, “tout ça c’ets dans ta tête”, etc., abstenez vous tout de suite !

Non seulement ce sont des paroles qui ne font qu’aggraver la situation. Il ne s’agit pas d’encourager le “laisser-aller” ou les mauvaises habitudes, mais juste de reconnaître que la personne en face souffre d’un mal et que ce n’est pas volontaire. Agresser la personne avec des reproches ne saura que bien souvent l’enfoncer dans sa dépressions et/ou son anxiété.

Ces choses que vous ne comprenez pas, ce temps perdu et contre-productifs, ces pensées absurdes, etc., sont des symptômes d’un mal qui ronge de l’intérieur et non un choix de vie. Et si vous pensez avoir déjà traversé les mêmes choses et que votre expérience est nécessairement applicable à quelqu’un atteint de troubles psy, ce qu’en réalité vous ne percevez absolument rien de la détresse à laquelle on fait face !

Pire chose à dire : “ce qui ne tue pas rend plus fort”. Non, vraiment, ça n’aide pas du tout !

La dérision oui, la moquerie non !

Il arrive souvent qu’une personne atteinte de troubles psy soit tout bêtement dans l’incapacité de faire quelque chose d’important. En ce qui me concerne, je ne prends plus de rendez-vous à l’avance avec le psychiatre, parce que je n’y vais pas. Je ne vérifie pas la date à laquelle il a été fixé de peur qu’il ne soit déjà passé. Je n’appelle pas pour demander un nouveau rendez-vous parce que j’ai peur d’être réprimander (et j’ai une relation tumultueuse avec mon téléphone). Non, j’attends d’arriver à la toute fin de mon ordonnance, après des semaines à m’angoisser sur le sujet, pour enfin l’appeler.

Mon psy est pourtant très gentil, d’autant plus qu’il doit avoir l’habitude de ce genre de comportements. Je sais quelles sont les conséquences d’un arrêt abrupte du traitement : ça fait mal ! J’y penses absolument tout les jours mais rien n’y fait. Et ça peut être ça ou d’autres choses d’ailleurs.

Pour l’instant, le mieux à faire et d’en rire. Ma chérie ne le fera pas pour moi, parce que je reste en mesure de le faire, et dramatiser la chose ne me fera sentir que plus stupide encore ! Ce n’est pas pour autant qu’il faut faire des blagues lourdes sans arrêt ou minimiser les choses, mais rire ensemble de la situation permet au moins d’oublier le poids qu’elle fait peser sur les épaules de tout le monde.

Le plus simple est le mieux

Répondre au téléphone, emmener faire une balade, inviter à une soirée, avoir une discussion futile autour d’un café ou amener des gâteaux sont les choses les plus efficaces que vous puissiez faire en tant que proche. Et de très loin ! Ce sont des propositions qui seront parfois déclinées mais ce n’est pas grave du tout. Ne prenez pas les refus de façon personnelle, et sachez que même si on refuse parce qu’on ne se sentait pas de faire quoi que ce soit, le fait d’avoir proposer compte énormément !

Montrer son soutien en étant tout simplement présent, avec une pincée d’attention, est beaucoup plus efficace que tout ce que vous pourriez penser de bon à dire. Personnelement, rien ne me rend plus heureux que d’avoir ma chérie qui me fait une boisson chaude, reste près de moi le temps que je m’endorme lorsque je me sens fatigué et vide ou juste larver avec moi devant un film ou une série… Et si elle n’est pas là, c’est un de nos chats qui s’en charge, sans la boisson chaude malheureusement.

N’ayez pas peur de parler des choses les plus graves

Il y’a une idée reçue extrêmement tenace qui fait des idées suicidaires un tabou absolu. Le plus souvent, c’est par crainte de provoquer le passage à l’acte chez les personnes qui auraient cette tendance. C’est faux, totalement faux, y’a rien de plus faux ! Au contraire, s’il y’a des raisons de s’inquiéter, mieux vaut aborder la question le plus simplement et directement possible. C’est un sujet difficile pour tout le monde, mais éviter la question, tourner autour du pot ou utiliser des euphémismes ne peut que renforcer le sentiment de honte qui n’a pas lieu d’être.

Une personne suicidaire n’a absolument besoin de personne pour avoir ces idées. Ce n’est pas une lubie mais un acte réfléchi. Lorsque une personne décide de sauter le pas, c’est qu’elle y pense depuis longtemps et qu’elle a ressent un niveau de souffrance tel qu’elle pense ne pas avoir d’autres issues. Il n’y a ni égoïsme ni faiblesse dans le suicide, juste une souffrance insoutenable. Vous ne risquerait jamais rien à aborder le sujet, bien au contraire : en parler peut faire du bien et même sauver des vies !

Toujours dans ce qui a été dis jusqu’ici, restez à l’écoute et évitez à tout prix les reproches et la culpabilisation. Si la personne en face vous dit que tout va bien de ce coté, tant mieux. Si elle vous confie qu’elle a effectivement des idées suicidaires persistantes, restez calmes, à l’écoute et demandez comment vous pourriez aider. C’est même plutôt bon signe.

Si la personne semble être dans une grande détresse et présente un risque imminent de mettre fin à ses jours, il s’agit une urgence médicale absolue ! Amenez-la aux urgences ou appelez les secours, éventuellement son médecin psychiatre si elle en a un pour qu’il soit au courant. Restez auprès d’elle ou assurez-vous que quelqu’un puisse le faire, et soyez totalement concentré sur sa situation. Éventuellement, assurez-vous que rien de dangereux n’est à sa disposition (armes, médicaments, drogues, couteau, etc.).

Bref, sachez tout simplement que vous ne vos tromperez jamais en étant à l’écoute et présent. Dans le fond c’est le mieux que vous puissiez faire. Et prenez soin de vous, c’est très important, y compris pour les proches malades !

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